Du 11 Juin au 2 Juillet 2016

 

En mémoire des victimes de la « Promenade des Anglais »

 

 

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Cette année, lorsqu’enfin je suis arrivée à  SAUJON  (après un voyage fantaisiste, pour cause de grève),  j’ai compris rapidement qu’une année nouvelle était en place, celle de la  Rénovation. Bref, du changement dans l’air et je n’avais pas encore tout vu.

Curieusement,  je suis un peu triste, pas très habituel lorsque je suis  à Saujon. D’ordinaire, la joie s’empare de moi, je suis bien, contente de revoir des visages connus et d’en attendre d’autres.

 Pourtant,  pas de surprise, Stéphanie et Françoise sont à leur place, en un temps record tout est installé dans le studio que je m’obstine à occuper depuis quelques années, je finirai par l’acheter malgré les petits soucis de prises électriques ;  quand on aime on glisse sur le risque…

 Tout près du Studio, une grue se balance, la Clinique du Parc s’agrandit… samedi prochain vous visiterez,  à la nouvelle « Résidence de la Source », les 24 studios dernier cri, chic !, j’adore découvrir des  appartements neufs.

 

Sur mon téléphone, un petit mot gentil, quand tu seras installée, tu m’appelles, je te proposerai quelques sorties que nous pourrions envisager. Je souris toujours lorsque je me souviens de notre  rencontre sur internet,  assez exceptionnelle… une belle émotion.

Un petit tour sur la seule rue commerçante de la ville, bonjour à l’un ou l’autre, je constate, on aime toujours les gâteaux à Saujon …

 

Depuis quelques temps, s’est installé en  moi,  un point d’interrogation,  qui ne veut pas me livrer son énigme ; il est neutre, ni gentil, ni méchant, ses volutes m’entourent  et me gâchent un peu la vie. Il finira bien par se dissiper… et probablement, à cet instant, il me manquera. Ce qui me gêne surtout, c’est de ne pas comprendre, j’aime que les choses soient dites clairement, pour trier les mots, prendre les plus caressants près de moi et ranger dans un placard obscur, les vilaines pensées. 

Evidemment, tout le monde n’a pas le même raisonnement, alors je dois me contenter de pensées imaginaires, pour continuer ma route.

 

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Dimanche, ballade le long de la Seudre, un bonjour aux canards qui ne répondent toujours pas…bizarre, bizarre, ils ont été si joyeux lorsque que nous partagions mes longues conversations téléphoniques…  au Port du Ribérou, un coucou à Edith Martin, bravo pour les nouveaux aménagements, je reconnais l’artiste... j’aime bien le jardin.

  

 

Les petits jardiniers

HISTOIRE VECUE

 

 

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Lundi, premier jour des soins, je prends mon sac de cure et je traverse le Parc. Subitement j’entends,  Pssst ! Tiens curieux, Saujon s’encanaille ? Je me retourne, rien, je lève les yeux vers la grue, elle ne fonctionne pas encore, alors c’est qui ? Je reprends ma marche, j’avance rapidement, presque arrivée à l’entrée de la cure, assis sur la margelle de la fontaine, je vois le plus adorable des petits jardiniers, gracieux, magnifique, je tombe à genoux, mon sac passe par- dessus la fontaine et je m’extasie devant tant de grâce :

 

Que tu es beau, mais que tu es beau, je n’ai jamais rien vu d’aussi mignon, un pot de terre, deux pots de terre, un tablier, te voilà transformé en petit jardinier… il me sourit, un peu complice, sûr de son succès auprès de moi. L’heure tourne, je suis en retard,  à tout à l’heure amour, je cours, j’arrache un peignoir des mains de Sabrina et je file chez  Mireille, « je suis là… j’arrive…et plouf dans la piscine ». Mireille ne me fait aucun reproche pour mon retard, plongée dans son listing, moi je n’existe plus, forcément nous avons un petit contentieux qui m’amuse encore aujourd’hui !Elle est une de mes plus anciennes muses,  

Je ne parle à personne du petit jardinier, je garde cette découverte merveilleuse, pour moi.

 

Mais tout à coup,  catastrophe,  je réalise, j’ai oublié mon appareil de photos à la maison. Je suis effondrée, au bord du gouffre. Dans un demi-coma, je termine mes soins et je cours  retrouver ma merveille. Je tremble que quelqu’un ne s’amuse à le bousculer. Je me retourne, en voilà un autre.

 

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Celui-ci, sur la montée qui mène à la consultation des médecins, observe la triste mine des curistes qui entrent, mais  qui en sortent, radieux…que leur dit-on ? 

 

 

 

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                                             Magnifique, perdu au milieu des fleurs

 

 

 

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 Le petit dernier en couche-culotte qui

a réussi une composition florale magnifique.

 

 

A partir de cet instant je vais avoir une idée fixe,  je cherche sans cesse  des appareils qui peuvent photographier. Enfin, la chance me sourit, un adolescent se promène la tête dans les nuages 

Hello ! Par hasard,  tu n’aurais pas un appareil de photos ?

Quoi,  ça n’existe plus ça ! Passez-moi votre téléphone, Waouh ! J’adore ce modèle, attendez je regarde… il a une luminosité extraordinaire (il peut, 30° en plein soleil).

Vous allez me dire tout ce que vous voulez photographier et c’est moi qui ferai le travail (je rêve, trop beau). Des photos avec un téléphone, ça ne me dit rien.

 

Et nous y allons, tous les deux, d’une plate-bande à l’autre…    

"Centre bien, les fleurs autour, le petit jardinier bien placé, tu ne trouves pas qu’ils sont mignons" 

Bien sûr, venez, il y en a d’autres plus bas,  …

10 photos sur mon téléphone, en un temps record, merci jeune homme. On vérifie, les photos sont bien là, ....

je commence à respirer calmement.

Veux-tu que je te les envoie ?

Vous plaisantez, j’en ai plein mon téléphone,  vous ne changerez jamais, un jour vous emporterez un pan de mur de Saujon !

 Tu me connais ?

 Evidemment, qui ne vous connait pas, on rebaptisera Saujon à votre nom, j’en fais le serment !

 Jeune homme ne soyez pas si excessif… Merci mille fois, tu m’as sauvé la vie …

(vous  saurez pourquoi à la fin du texte).

 

 

 

 

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Chapeau fleurs blanches pour un mariage, quel beauté ! venez

me dire que j'exagère !

 

 

LA CURE

 

 

 

Tous les curistes connaissent les soins, la piscine, les baignoires à remous, les jets, le massage sous affusion… Les salles de repos où l’on est censé se reposer, sans parler.

 

En dehors des soins, il y a le bavardage, moment suprême les retrouvailles des curistes qui font tout pour être ensemble,  aux même heures de soins. Je me dévouerai pour collecter les noms, mail, période de cure  pour essayer d’organiser des rencontres,  avec l’accord du Président du Directoire, des exercices pour appréhender l’écriture, la représentation imagée de la musique classique, la parole,… Dès ma première cure, il y a six ans,  j’ai gardé des contacts avec des femmes qui m’écrivent pour des soucis de santé et pourtant, selon la phrase célèbre qui plane à Saujon,  je ne suis pas Médecin… Je lèverai le voile sur les interrogations à mon sujet… en privé.

 

L’attente aux bains est sujette  à des expressions étonnantes : enfin c’est vous la dame du Blog, ça fait deux ans que je vous cherche, je n’en reviens pas, on peut déjeuner ensemble ? Ou bien, rue Carnot,  ça alors c’est vous ? Donnez-moi votre adresse, voici l’adresse du Blog, vous saurez tout.

 

Et ainsi le long des sièges, les curistes  et moi attendons,  comparons nos soignants, Coralie si gentille, Céline calme et efficace, Frédérique toujours une note de musique aux lèvres, Angèle l’infirmière en rose, qui passe dans les couloirs souriante,  bienveillante, m’annonçant toujours en avant première, les nouveautés de la cure,  les masseurs  extraordinaires, les remplisseuses de baignoires. Peut-être nos correspondances nocturnes ont créés un privilège et je suis devenue sa « Préférée » …Trop beau !

Cette  année j’ai eu cette question, un peu étonnante, à voix basse, vous êtes de la famille des Dubois ?? Attention, c’est la deuxième fois (Pourquoi pas). Sur un autre registre je me plains de l’éloignement du Supermarché, 1 km à pied, aussitôt Madeleine me propose, je vous accompagne le jour qui vous plaira, très serviable, gentille Madeleine, Merci. 

Ce même jour mon amie Mary vient déjeuner avec moi au restaurant du Commerce, bien connu des curistes. Les premières années c’était Bonjour Madame, Bonjour Monsieur,  

Et maintenant c’est  Bonjour comment va la famille, quelle belle robe Brigitte… on se calme la dame du Blog, c’est pour quand le nouveau compte-rendu ? Je vous ferai gentiment remarquer, je suis arrivée hier. On déjeune en vitesse et nous partons pour le village fortifié de Brouage.

Mary est à elle seule un Syndicat d’Initiative ambulant, pas besoin d’ouvrir un guide, j’en ai un à mon bras,

 Petit résumé de notre visite :

 On a vu l’Eglise, les fortifications, 

 

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(Marie Mancini) premier amour de Louis XIV ( voir Google)

Mary a insisté pour que je visite les toilettes, effectivement un petit bijou d’originalité. Nous avons traversé Oléron par la route des Huitres, vu les Claires pleines ou vides, pas question d’en déguster, chaleur torride, une petite glace au Port de pêche de la Cotinière. La promenade fut jolie et distrayante, merci Mary.

 

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Il y eut d’autres promenades et un jour, en fin d’après-midi, nous allons au Temple de Médis, près de Saujon, pour assister à un

 

 Concert de Pièces vocales et instrumentales

Du XVème XVIème et XVIIème.

 

Je ne connais  personne, Mary me présente Helene Aimable qui se consacre, depuis 30 ans,  au développement de la musique et de la danse ancienne en Charente-Maritime.

Présentation des instruments anciens et le concert commence. Je peux dire une détente immédiate, due peut être à la fraicheur de la pièce et à cette musique que j’aborde pour la première fois.

A la fin, je suis enthousiaste, je félicite les uns et les autres pour ce moment de grâce, Joli succès.

 Et nous terminons l’après-midi à la Pâtisserie Dourlhes qui nous propose d’excellents thés, boissons rafraichissantes et pâtisseries délicieuses.

 

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La cure se termine pour moi, mon amie Danielle curiste me téléphone, c’est ton dernier jour, viens, nous  t’attendons, on dinera ensemble. Cette fille est très gentille, serviable,  nous nous écrivons régulièrement.

 

Fin de la cure, retour à la maison

 

En vitesse, je prends mon téléphone, branchement, rien sur l’ordinateur, rien, je recommence, rien, j’utilisai pour la première fois cette fonction. Je suis effondrée quand je pense soudain à Danielle qui termine sa cure. Peux-tu, STP, me prendre quelques photos du jardinier, ce que tu peux, ce sera parfait, merci  c’est très important pour moi.

Réponse : ôte moi d’un doute, tu veux que je te photographie le jardinier ? je fais un bond, que vais-je faire de la photo de Joël , le jardinier de la cure, elle n’a pas vu les petits jardiniers. Je respire et j’écris : ma chérie rien ne t’empêche de photographier Joël pour toi, mais ce que je voudrais pour moi, ce sont les tous petits jardiniers, mignons ...pas de réponse, je sens venir un malaise mais il faut que vous sachiez, je ne renonce jamais quand le sujet en vaut la peine.

 

Je couve mon ordinateur du regard,  la souffrance de l’attente je connais et je reçois enfin

"Bonne réception, Bonne journée, Bisous"

Ils sont tous là, en plein soleil, au milieu des fleurs et des papillons

Ils sont là, ils rient, les jardiniers de mon écran,

Je suis folle de joie, vite,  j’écris,  merci, merci, c’est parfait.

 

       « Je suis contente que tu sois contente »

 Phrase merveilleuse de gentillesse

Je la rangerai dans ma boite des petits Bonheurs 

 

EPILOGUE

 

 

Je découvre, pour la première fois, le petit jardinier sur la fontaine,  je le trouve mignon, son expression m’amuse et en le regardant,  rapidement une histoire s’installe.

Lors de mes  passages à Saujon, j’ai pris l’habitude de faire un compte rendu de la cure qui s’est développé au fur et à mesure  des années passées. J’ai abordé plusieurs thèmes, mes déplacements, les soignants, les administratifs, la Direction, la Ville avec ses commerçants, les jardins, l’environnement et les curistes.

Le choix des thèmes s’est imposé au cours de mes rencontres et des évènements vécus.

Cette année ce sont les petits jardiniers qui m’ont apporté un sujet magnifique. Sans les photos, je n’aurais pu vous écrire cette histoire.

 

 

TOUS MES REMERCIEMENTS

 

- A JOËL, ses petits jardiniers m’on donné un coup de pouce pour écrire, pour m'amuser, pour les fous-rires .

- Au jeune garçon qui s’est prêté gentiment au métier de photographe.

- à Mary pour sa gentillesse, ses attentions, sa générosité.

- à Danielle L. sans qui je n’aurais pu écrire cette histoire, son sourire vient à bout de toutes les difficultés.

 Mon meilleur souvenir à Thomas D. Il voulait lire le Blog, maintenant il peut…

 

 

Une Dépression peut être difficile,  étonnante, interrogative jusqu’à épuisement.

 La mienne fut très particulière,  allant du désespoir au bonheur,

dont j’ignorai qu’il en existât de pareil.

 

 

 

Danidar

11 Aôut 2016