Une nouvelle cure à Saujon, pour retrouver des amis, pour prendre des bains salutaires, revoir les médecins, les soignants qui gèrent les curistes si aimablement.

 

Ma nuit a été très agitée, j’ai oublié de dîner, de prendre mes remèdes, une certaine souffrance qui s’installe, j’ai du mal à boucler ma valise et dans un tourbillon de rêves, j’atteins, enfin, le bout de la nuit.

Le train est en gare, une stagiaire me propose son aide, merci Mademoiselle et nous voilà partis.

Selon la tradition, depuis quelques années, chaque fois que je prends un train, une rencontre intéressante, m’accapare. De son discours, Dominique et du mien, mon étrange fatigue s’éloigne, se transforme en une interrogation pas banale. Cette jeune femme habite à St Palais, tout près de Royan et part pour quelques jours accompagner des malades à Lourdes. Belle générosité ! Elle est très sympathique, encore en activité, nous abordons des sujets qui nous concernent.

 

Gare de Saujon, son époux veut bien me déposer à la cure, 10 mn de trajet, merci beaucoup Monsieur.

 

Et la routine commence, paiement du Studio, que je m’obstine à occuper depuis quelques années, malgré des défauts de prises électriques ; mais pour une émotion revisitée il y a deux ans, etc.…

Quelques soignants que je connais bien, sont absents, ambiance plutôt morose, je viens à Saujon pour les soins mais aussi pour toutes les personnes qui font partie du paysage, les commerçants, mes rencontres devenues mes amies. Et même Joël le jardinier, est absent, je n’entends plus

« Bonjour Danidar, vous revoilà ». Saujon n’est plus Saujon, j’avoue que ça m’attriste, mon moral dégringole.

 

Première réunion de rentrée, une chaise libre, à côté de moi, un jeune homme souriant s’installe, il me précise, je viens pour la première fois. Génial, prenez ma carte de visite et sautez sur internet, vous saurez tout sur la cure, dans ses moindres détails.

Et où habitez-vous ?

A l’étage des musiciens, VIVALDI, peut-être parce que je suis pianiste. Il a de l’humour le jeune homme,

Non ! c'est trop beau, moi je suis dans les Iles, YEU,  et je vais composer des textes que vous mettrez en musique.

Il rit, le moins qu'on puisse dire c'est que vous avez de l'imagination !

Chut ! la réunion commence, je n'écoute plus rien, je pense à mon interview, il faut que j'arrive à lui faire dire tout ce qui me sera nécessaire pour écrire un texte Musical Thermal, à lui d'y mettre des Notes.

Le musicien se prénomme Henri, il enseigne le piano à des enfants, dans un Conservatoire ; reçu brillamment à l’Etablissement Supérieur de Musique de Dijon, il va s'installer pour trois ans, dans cette ville.

Il quitte brusquement la réunion, peut-être une inspiration soudaine… 

 

Mary, une amie qui habite dans la région de Saujon, toujours fidèle, ne manque jamais de me faire signe, quand j’arrive. Ah ! tu es là, je viens te montrer ce que j’ai réservé, « Danses, Musiques, Chants - Russie et l’Ukraine », ce sont de jeunes enfants merveilleux. Je viens te chercher demain à 19h et je te raccompagne, bien évidemment.

Le spectacle fut splendide, émouvant de voir ces jeunes enfants danser avec application, une telle joie, devant nos applaudissements chaleureux. Bravo et merci Mary pour ton choix. Nous rentrons, minuit, j’oublie de diner, forcément je ne suis pas en forme. Je me sermonne, je dois être plus rigoureuse…c’est nouveau, cette manie de sauter des repas.

 

Aujourd’hui, mon premier bain du matin fut très arrosé. Trombes d’eau dans le Parc, gouttes d’eau qui tombent des paupières, qui brouillent ma vue. Curieusement ce déluge me plait, je presse le pas pour arriver aux Thermes ; trempée ou non, quelle importance, je vais d’une eau à l’autre…Je n’arrive pas à me débarrasser de mes chagrins, ils se sont faufilés dans ma valise ; j’oscille entre une certaine tristesse et des petits fous-rires qui viennent égayer ma journée. J’applique mes idées, elles me semblent si légères, mais sitôt installées sur le papier, elles prennent une dimension menaçante, insoluble.

0, joie, ce sont des retrouvailles, je rencontre Lise, perdue depuis 2 ans, sur le Pont d’Avignon. Enfin, je vais avoir ton bon Mail, fini les Undelivred

 

 

carte de visite DD

Je retrouve Thibaut, je n’en crois pas mes yeux, des petits jeux dans la piscine, à l’âge de 13 ans, le voilà à 18 ans, grand et beau garçon. Je vous ai tout de suite reconnu me dit-il fièrement, pour moi c’est difficile, tu as tellement changé, prends ma carte de visite, tu me tél. on se retrouvera dans le Parc avec ta maman, tu me raconteras ce que tu fais maintenant.

Thibaut me propose de concevoir une nouvelle carte de visite au modèle de la mienne.

Et il m’explique ses études, avant le Bac, études générales, puis Bac professionnel : Imprimerie

Concours pour une  Ecole en Animation et Jeux Vidéo, réussite à Roubaix.

En Octobre, intégration à l’école  pour 3  ans (base de dessins, ordinateur, logiciel 2 D. Thierry sait ce qu’il veut, il est très motivé, des projets pleins la tête, et en plus la gentillesse, il ira loin…(on s’écrit pour la carte, merci)

 Repas au « Commerce »comme d’habitude, on s’embrasse, on prend des nouvelles, c’est un couple chaleureux. Sur la terasse, on se reconnait, on se fait signe, c’est une grande famille qui s’adopte avec simplicité.

Ballade, téléphone, alors ou en es-tu ? Point mort !  J’ai toujours des projets à Saujon, Création d’un petit  Atelier d’écriture pour les curistes, exercices simples pour les étonner, je me charge de tout.

Concert dans le Parc si le musicien maison le veut bien, a-t-il l’habitude de se produire en plein-air mais là je crois que le Dr D. va finir par m’étrangler, pourtant je trouve normal de profiter des ressources que lui offrent les curistes.

 

Avec Mary et Claude nous avons visité le petit village de Mornac sur Seudre, ravissant, fleuri, très fleuri, un Port, Boutiques, Restaurants

« Spécialité L’Eclade » Je n’avais jamais ni vu ni goûté à ce plat. Assez spectaculaire, on installe lesmoules en rond, on recouvre d’aiguilles de pins et on craque une allumette. Une grande fumée s’envole, on s’installe au restaurant en plein air, au bord de l’eau, et on attend d’être servis. C’est très bon et assez parfumé.

Dans la région, pour recevoir des amis, pendant que d’autres font un Couscous ou une Paella, ici c’est l’Eclade…

Inutile de poser la question « qu’est-ce qu’on mange ? »

Soirée sympathique, un monde fou dans ce restaurant, belle ambiance !

Chaque année, je n’oublie pas de saluer Mme Dourlhes, sa patisserie ne désemplit pas, le Petit Fournil, la toute première rencontre à Saujon, on se salue et je la retrouve souvent devant le four à surveiller « les Cannelés »

Je me régale parfois, à la Patisserie Blandineau , petit déjeuner très tôt, je suis la première cliente avant la cure, tables installées à l’extérieur, café brûlant, viennoiseries qui sortent du four…ce n’est pas mal, pour ne pas dire délicieux !

 

Les curistes se croisent, au-revoir pour moi c’est fini, on échange nos mails, c’était qui dans les baignoires, c’était Johanna, souriante, arrangeante, je vous prends, je n’ai personne, elle est en retard, avec Johanna il y a toujours une solution.

Je fais un signe à  Céline, sereine, calme comme toujours, Frédérique qui n’a pas chanté cette année, je pense à Angèle, l’infirmière, dont je regrette l’absence.

J’ai versé, près d’elle,  beaucoup de larmes, elle a eu près de moi beaucoup de paroles réconfortantes, d’espoir, une grande franchise…Notre amitié, puis les mails et le blog ont fait le reste.

 

 

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BONNE ANNEE TRANQUILLE à TOUS

(Chaumont sur Loire)

"Le Pouvoir des Fleurs"

Le 25 Août 2017

DANIDAR