0n me dit quelque fois  comment se fait-il qu’il t’arrive assez souvent des aventures peu ordinaires, des rencontres dans les trains qui aboutissent à des amitiés, des faits divers incroyables…

Je pense sincèrement, tu inventes tout, tu as beaucoup d’imagination, il n’est pas possible que ce soit vrai, la rencontre à Royan d’une dame qui a lu ton blog et qui se retrouve dans un train en face de toi à te parler d’un texte qu’elle a lu, le tien, c’est impossible ! impossible !

 Et hier soir je reçois un petit mail d’une amie « j’ai pensé à toi ces jours derniers. J'ai relu ton recueil de Nouvelles.

Par endroit, c'est vraiment drôle ! J'ai bien rigolé. Où vas-tu chercher tout ça ? Tu as l'imagination fertile. Tu fais danser les gâteaux, parler Mr. Mac, tu envoies des ondes négatives à la chatte...

 Qu'es-tu en train d'inventer en ce moment ? 

 

Inventer n’est pas vraiment le verbe qui convient, je raconte un évènement auquel j’ai assisté, qui m’a impressionné, une émotion que j’ai du mal à exprimer, l’écriture sera plus tranquille, plus descriptive en douceur, elle pourra courir sur la page pour arriver à atteindre le but recherché et interpeller le destinataire, …dans le meilleur des cas. A mon insu je stocke des images, des évènements, des bribes de conversations, des sourires qui ont laissé une trace en moi, je crois les avoir oubliés, mais ils ressortiront au moment où j’en aurai besoin.

 

Je reconnais être assez sensible, observatrice, admirative devant une vitrine de gâteaux, en septembre à la rentrée des classes, les pâtisseries deviennent des enfants turbulents, devant le Maître pâtissier 1ER Ouvrier de France qui les interroge : comment se sont passées vos vacances ? ils ont le même langage que les enfants, ils se bousculent sur les bancs et font couler leur crème, l’éclair au café s’est installé au bar et attend d’être servi.

 Je trouve très logique qu’une Religieuse au chocolat demande qu’on lui confectionne un livre de prière en pâte d’amande pour profiter de prier, quand elle s’ennuie en vitrine.

En écrivant, je sais rapidement qui va apprécier cette histoire, qui va en rire, ça devient un texte orienté vers des invités réels, qui vont éclipser les virtuels.

 Naturellement j’introduis des personnes de la famille, normal c’est un grand mariage …

 

Je vais te raconter ce qui m’est arrivé, hier, une situation au départ très simple. Tu comprendras que rien n’est inventé…

 

Dimanche, je rentre du marché, j’avance tranquillement, je prends la rue Marmontel, un raccourci pour rentrer quand j’entends derrière moi un monsieur, voix tonitruante, parler à deux petits enfants :

 « Attention trottoir, Attention ne courrez pas, nous allons traverser bientôt, à mon signal seulement…                                    

Le monsieur arrive à ma hauteur, je lui dis

« Je suis persuadée, vous feriez un bon moniteur de colonies de vacances », et je me place au bord du trottoir à côté des enfants, vous m’acceptez pour traverser avec vous ?

Il me répond, mais voyons chère madame, bien sûr, les enfants n’obéissent pas et il crie subitement : PRIVES DE CHIPS ! !, ça marche à tous les coups !

Il m’a fallu une sacrée dose de sang froid pour avaler un fou-rire naissant.

Nous reprenons notre marche côte à côte, il me demande

 -  Connaissez-vous la Pharmacie de la Quintinie ?

 -  Mais bien sûr m’écriais-je, elle est juste là à l’angle mais aujourd’hui dimanche, elle est fermée,

- Ah non !  Me répond le monsieur, elle est ouverte,

-  Je vous assure, elle est fermée, j’habite tout à côté, je connais bien la Pharmacienne, si elle avait changé ses horaires, elle me l’aurait signalé … à moins que ce soit une « Journée Porte Ouverte des pharmacies » et là je comprendrai mieux.

-   Le monsieur ajoute, dommage, mon téléphone ne fonctionne pas sinon j’aurais eu l’information tout de suite ???(il était devant la pharmacie fermée). Son insistance m’a fait basculer et j’ai cru 

Je suis très intriguée, Monsieur, avec quel produit en vente en pharmacie, voulez-vous soigner votre téléphone, ? ça pourrait me servir !

-    Non, non, on m’a parlé aussi de la Pharmacie du Marché,

AH ! là oui ! Elle est ouverte toute la journée, mais il vous faut faire demi-tour et redescendre toute la rue Marmontel, 5 mn

-  J’allais lui proposer un Doliprane dans mon sac mais, précipitation, il s’est repris, on m’a indiqué aussi une 3ème pharmacie à gauche de la rue Corbon, rue Vouillé.  

-      Et moi d’ajouter, comme pour me venger, vous voulez faire toutes les pharmacies du 15eme, vous avez neuf chances sur dix de les trouver fermer.

-      Il part en courant entrainant les enfants dans son sillage puis il se retourne et me fait un grand signe de la main : merci pour tout, au-revoir...Sur le trottoir, il esquisse un pas de danse, je reconnais « la Musique du « Marché Slave » de Tchaïkovski qui vient de la Médiathèque à côté.  Et surprise, je découvre une autre facette de ce monsieur, un danseur gracieux…

 

J’ai failli lui crier bon dimanche, mais j’ai pensé pas de provocations !

J’ai dû m’asseoir sur le bord du trottoir pour récupérer et réfléchir sur le mental des hommes têtus mais gracieux…

Je lui avais expliqué la différence entre les trois pharmacies, je les connaissais parfaitement, je pouvais l’accompagner à la seule officine ouverte le dimanche et bien non ! il fallait qu’il aille s’en assurer lui-même en faisant un grand tour !

 

La Pharmacienne de la Quintinie aime bien mes Nouvelles, pour une fois qu’elle en est la vedette, je pense que ça l’amusera de lire cette histoire de pharmacies.

Et par curiosité, j’ai appelé une amie qui habite tout près de cette 3ème pharmacie, rue Vouillé

Oh ! je suis à Toulouse, en rentrant j’irai voir..., non ne te dérange pas !

 

J’y suis passée, lundi, un monde fou, alors je fais signe et je demande,

La Pharmacie est-t-elle ouverte le Dimanche ?

(Pour savoir si le monsieur avait enfin pu expérimenter son téléphone)

 C’était pourtant clair, comme question, mais

 Madame, on est lundi aujourd’hui !

 Tout ça, uniquement,  pour dépanner les hommes en perdition !

 

 Rien n’est vraiment inventé dans cette histoire, c’est le monsieur qui en est l’instigateur, je ne pouvais pas rester insensible à son langage, à son obstination à faire soigner son téléphone pour repérer les pharmacies ouvertes.

J’ai simplement introduit la pharmacienne pour donner une touche amusante à ce récit rocambolesque.

 

Il suffit parfois d’un petit détail, trois fois rien, et les contours de la Nouvelle se profilent, l’histoire est là !  Si le sujet s’y prête,  peuvent avoir un rôle, des personnes connues.  Il n’y a pas de mystère ce sont les amis chaleureux, les lecteurs, mais aussi les chagrins, un simple geste de la main sur un bureau, les gens, la vie en quelque sorte, ceux que je côtoie, le regard affectueux que je leur porte, qui me fournissent la matière pour écrire, au jour le jour.

 

Voilà Mary, un exemple d’histoire simple, je n’ai rien inventé ou presque, peut-être, parfois, un trop plein d’émotivité qui déborde.

 

 

 

Méli-Melo

Pour Mary

MERCI

Danidar

23/11/2017