Quelle est lourde à porter l’Absence, même de courte durée,  elle me bouscule pour des questions, des regrets, qui n’ont pas pu être évoqués, quand elle s’appelait Présence.

Elle avance, elle s’éloigne, moi je reste à ma place, en retrait, pour essayer de me familiariser avec ce nouveau paysage,

allégé de la Présence.

Au gré du temps qui passe, il s’éclaircit ou s’assombrit jusqu’à devenir nuit…

Je le sais bien, la Présence reviendra de son pas tranquille pour me retrouver, comme avant. Moi, Présence je suis, je resterai Présence avec mes gestes mesurés, contrôlés, mon calme étudié fait de mots semblables à ceux d’hier, sans surprise.

A son retour nous échangerons nos copies, la sienne toujours blanche, la mienne souvent alourdie, éternellement renouvelée, mes pensées précises, évocatrices d’un scénario bien rodé.

Mais il arrive parfois que l’Absence s’impatiente, rapidement elle revêt le manteau du Présent, une joie ne peut attendre. 

Je suis fébrile, pressée de l’écouter, de percevoir ses phrases à peine audibles, de comparer nos points de vue, le partage s’imposera …  

Alors, à cet instant, plus rien n’a d’importance, la Présence rentre sans bruit, l’esquisse d’un sourire sur ses lèvres ;  

 

« J’ai trouvé, au bord d’un chemin, "le Petit Bonheur" de Félix Leclerc, je l’ai pris dans mes bras, réchauffé sur mon cœur, garde le bien dans ta maison, cette joie-là, nous en profiterons"...

Ensemble.

 

 Paris le 25/4/2018

DANIDAR

 

Je déchire, je déchire encore, je suis experte en déchirements...