Le destin m’accompagnait cette semaine-là,

Je découvre, l’Alsace et Toi !

 

L’école maternelle

A cette époque nous habitions à Boulogne-Billancourt, près de la Place Marcel Sembat, un petit appartement de deux pièces. Nous étions trois, Francis, moi et un petit garçon, Olivier.

Olivier fréquentait l’école maternelle, tout près, je l’accompagnais le matin sans qu’il se fasse prier. Les Maitresses avaient instauré un rituel pour l’heure des mamans.

Les enfants ! les enfants !  on arrête de jouer, on range tout dans les boîtes, c’est l’heure des mamans… Mot magique, les enfants courent dans toute la pièce, en un temps record, plus rien ne traine. Chut ! dit la maitresse, on s’allonge sur le matelas, on ferme les yeux et on écoute la jolie musique.

A l’extérieur les mamans attendent leur petit trésor, beaucoup de monde dans ce couloir étroit, je bouscule une dame très souriante, alors vous venez chercher votre petite Fille ?

Non c’est un petit garçon, Olivier.

C’est drôle s’écrie la maman, le mien aussi s’appelle Olivier.

Le jeune OlivierK sort le premier, son visage s’éclaire dès qu’il aperçoit sa maman, le mien vient juste, derrière, j’ouvre les bras, il court… 

Tu as passé une bonne journée ? petit grognement, et la musique classique à l’heure des mamans, c’était quoi aujourd’hui ? Olivier pose son index sur la tempe droite, réfléchit et s’écrit, je sais, c’est une musique qui s’appelle comme un fromage… tu en es sûr ? OUI ! et je comprends tout à coup, tu veux dire la Walkyrie de Mr Wagner ? Oui c’est ça et il sautille tout content.

Donc, ce jour-là, la Vache qui rit, avait été faire un tour au concert de l’École maternelle. Les mamans ont bien ri !  Et moi aussi. 

Arlette, la maman d’Olivier K, est plutôt d’humeur joyeuse, elle ne travaille pas, moi pas encore. Olivier K aura bientôt un petit frère et mon Olivier une petite sœur.

Il n’en fallait pas plus pour devenir amies, pendant que les enfants engloutissent un

pain au chocolat, au jardin, nous bavardons, invitations à dîner, échanges de recettes…. 

Arlette me parle beaucoup de Struth, village en Alsace à 50 kms de Strasbourg, où ils ont une maison de Campagne.

Le spleen s’est installé en moi, et

Arlette m’invite à passer une semaine en Alsace 

pour me reposer, pour découvrir la région.

 

A cette époque, le jeune Olivier avait 13 ans environ et moi 39 ans. Je le connaissais depuis toujours, son humeur joyeuse, son rire communicatif faisait de lui un compagnon de jeu idéal. Il connaissait l’Alsace, la campagne, les arbres, les champs, moi je ne connaissais que les vacances à la plage ; il deviendra donc mon guide préféré pendant cette semaine alsacienne.

Nous arrivons à Struth, on décharge la voiture, petit diner léger et installation dans ma chambre. J’enfile un pyjama neuf, vert émeraude en satin Arlette vient me souhaiter une bonne nuit, tu verras on dort très bien ici, aucun bruit ; oui ne t’inquiète pas, je me lève très tôt, je déjeunerai et j’irai marcher sur le champ. A vrai dire je ne sais pas très bien ce que représente le champ ….

De bon matin, l’air est très agréable, je marche, je regarde les arbres et tout à coup, je trébuche sur une puanteur dégueulasse, ignoble, je crie « au secours » je ne peux plus avancer, ni reculer, je suis piégée, je n’ose pas baisser les yeux de peur de découvrir l’horreur ! Tout le monde dort, je hausse le ton et je recommence « Au secours, « au secours » Et enfin le plus dégourdi de tous arrive, il a enfilé son pyjama à l’envers et mis les deux jambes dans la même jambe du pantalon, si bien qu’il arrive en sautillant, qu’est ce qui se passe danielle ? Regarde mes pieds et tu vas comprendre ! Olivier baisse les yeux, le spectacle de la bouse de vache déclenche un fou-rire monumental, il rit tellement qu’il tombe à genoux, moi je suis toujours avec la bouse aux pieds.

Enfin Olivier se décide à me prendre par la main, il m’accompagne à l’abreuvoir des vaches, je trempe mes pieds, il frotte avec une brosse, m’arrache la moitié de la peau et précise ne viens plus sur le champ ! j’en suis persuadée, c’est bizarre cette histoire, où est la vache qui a pondu la bouse ? mais enfin regarde devant toi, tu as le nez sur son cul !

Tu ne m’avais pas prévenue, de ton élevage de vaches,  elle est énorme, c’est immonde, tu lui donnes quoi à bouffer ? C’est la première vache obèse que je vois, je ne connais que les petites vaches mignonnes de dessins animés, sans bouse, tu comprends ça toi, le pur produit du terroir ? ce n’est pas compliqué si tu achètes une vache tu demandes garantie sans bouse, pas compliqué !

On se calme me dit Olivier, on va se réconforter avec un bon petit déjeuner et après je reprends tout, façon parisienne plus nulle que ça tu meures, jamais, j’aurais pu imaginer ton ignorance des choses de la campagne. On passera toute la semaine à t’apprendre comment vivre très simplement avec des vaches, à la campagne.

 Je t’explique notre voisin élève des vaches, il nous a demandé, étant donné que nous avons un très grand champ qui grimpe tout là-haut et pas de vaches, il souhaite donc que ses vaches viennent brouter toute la journée sur notre champ (pas fou le mec).

Ta naïveté à toi n’est pas mal non plus. Si j’ai bien compris ton voisin peut rester sur son champ, tranquille, jus de fruit, lecture, petite voisine, toi sur ton balai tu frottes le gazon tondu par ces dames en pestant « elles ont en fait des tonnes »

Mais ce n’est pas croyable le sans gêne à la campagne !

 Vivement que tu grandisses pour comprendre les choses de la vie…

 

 

Le tour de France Cycliste

 

Ce matin Olivier est très agité, il passe d’une chambre à l’autre en courant, il entre et sort à nouveau. Instinctivement je me tais, je fais signe à sa maman, c’est quoi ça ? Lui si bavard avec moi c’est le silence absolu.

Sa maman se rapproche de moi et chuchote : c’est le Tour !

Je vais tomber raide morte, Olivier participe au Tour de France en hurlant devant la télé, ; toutes les 2 mn il crie, avance ! roule ! je suis ton fan, Bernard Thévenet, je suis là, Eddy MERCKX disparaitra et tu seras Champion de France !

Comme il se doit j’enchaîne, en 30 secondes je deviens ton coach et près de toi, je hurle à mon tour : pédale,  avance, , je te le dis, tu as du plomb dans les mollets ! 

Je commence à baliser un peu, Olivier va exploser, ses joues rouges vont obliger les Pompiers à se déplacer. 

Comment nous sommes nous retrouvés tous les deux sur le Podium ?

Les lois du sport sont impénétrables.

 

 Les confitures d’Aline

 

Aline est la grand-mère d’Olivier. Elle est très gentille et tient bien son petit monde. Elle annonce demain ne trainez pas au lit, c’est le jour des confitures, on expliquera à danielle comment il faut procéder et surtout bien surveiller la mousse qui se forme au-dessus, le meilleur de la confiture destiné uniquement aux enfants, vous la gouterez!

 On utilise les fruits du verger, framboises, fraises, groseilles, sucre, cuisson, on passe le mélange dans un moulin spécial pour retirer les pépins. Ce moulin me fait penser au moulin à viande de ma grand-mère mais on ne me dit rien à voir !

Allez Danielle, essayer de tourner, c’est dur ! mais Olivier arrive, pousse-toi, on aurait dû installer une salle de sport dans le jardin …

La confiture cuit, Aline surveille la monté de la mousse, la confiture devient un nectar, que pour les enfants….Aline me prépare une petite assiette, je fonctionne à 1OO à l’heure pour trouver des adjectifs hors du commun, je goûte, je tombe en pamoison « Aline ! c’est divin, ce nectar sur mes lèvres est semblable au baiser du matin ! Autour de la table tout le monde se tait, à la campagne on ne connait pas la poésie mais il fallait qu’Olivier en rajoute : c’est qui le gars du baiser ?

 

Nous partons un jour à Saverne, très jolie ville, pour acheter de la viande et de la charcuterie alsacienne, délicieuse. 

 Le temps passe très vite, Olivier m’indique ses cachettes dans les arbres, il est d’une grande gentillesse et je promets de nous revoir à Paris.

 

Merci à toute la famille,  maintenant je connais Struth, sa campagne, ses habitants particuliers. Aujourd'hui, me dit-on, il n'y a plus de vaches à Struth, elles sont remplacées par des moutons, j'en suis contente pour Olivier, un sale boulot en moins ! quoique les moutons ???

Je me demande si ton épouse va te reconnaitre dans ce texte ?

Si non, Laeticia , je suis là pour te donner des explications, avec plaisir!

  

Je rentre  en train , des images plein les yeux, du Nectar sur les lèvres ! des fous-rires que j'ai peine à contenir !

 

 

 

DANIDAR

Paris le 3 Août 2018